La LSF n'est pas du français en gestes
C'est l'idée reçue la plus répandue sur la langue des signes française : beaucoup de gens supposent qu'il faut d'abord maîtriser le français pour l'apprendre. Cette idée est fausse, et comprendre pourquoi change tout à votre approche de l'apprentissage.
La LSF est une langue naturelle, visuelle et gestuelle, qui s'est développée indépendamment du français parlé. Elle possède sa propre grammaire — très différente du français — sa propre syntaxe, et un vocabulaire qui ne découle pas du tout du français oral ou écrit.
Une grammaire radicalement différente
En français, on dit : « Le chat mange la souris. » En LSF, la structure serait plutôt : « Chat — souris — manger. » L'ordre des éléments, l'utilisation de l'espace, l'expression du visage et les mouvements du corps portent la grammaire. Il n'y a pas de conjugaison verbale au sens français du terme.
Cette différence structurelle profonde signifie que votre connaissance (ou absence de connaissance) du français n'a quasiment aucune influence sur votre capacité à apprendre la LSF.
Qui apprend la LSF sans être francophone ?
De nombreux profils d'apprenants non francophones se tournent vers la LSF :
- Les locuteurs de l'ASL : l'ASL et la LSF partagent des racines historiques communes. Beaucoup d'Américains ou de Canadiens apprennent la LSF pour élargir leur pratique.
- Les professionnels internationaux basés en France ou en Suisse romande qui souhaitent communiquer avec des collègues ou clients sourds.
- Les parents d'enfants scolarisés en France qui apprennent la LSF en parallèle de leur propre apprentissage du français.
- Les passionnés de langues des signes qui en ont déjà appris plusieurs et souhaitent ajouter la LSF à leur répertoire.
Le seul point de contact : le français écrit dans les cours
Il y a néanmoins une nuance pratique : certains cours de LSF sont dispensés en français, ce qui peut créer une barrière supplémentaire pour les non-francophones. C'est pourquoi le choix de la plateforme d'apprentissage est important.
SignOnSpot propose des cours de LSF accessibles à des apprenants de niveaux variés de français, en privilégiant la démonstration visuelle plutôt que l'explication textuelle — ce qui reflète d'ailleurs la nature même de la langue des signes.
Et l'alphabet dactylologique ?
L'alphabet dactylologique (l'épellation lettre par lettre avec les mains) est bien basé sur l'alphabet latin utilisé en français. Il est utilisé pour épeler des noms propres ou des mots sans équivalent en LSF. Mais il représente une toute petite partie de la communication en LSF — maîtriser l'alphabet dactylologique ne suffit absolument pas pour « parler » LSF, et ne pas le connaître au départ ne vous empêche pas de progresser.
LSF vs ASL : deux langues proches mais distinctes
Si vous connaissez l'ASL, apprendre la LSF sera plus rapide que pour un débutant complet. Les deux langues ont une origine historique commune : au 19e siècle, l'éducateur Thomas Gallaudet est revenu des États-Unis avec Laurent Clerc, un sourd français locuteur de LSF, qui a fortement influencé le développement de l'ASL. Résultat : LSF et ASL partagent environ 60 % de leurs signes, ce qui est considérable.
Mais elles restent deux langues distinctes avec leurs propres signes régionaux, leur culture et leurs tournures grammaticales spécifiques.
Conclusion
Non, vous n'avez pas besoin de parler français pour apprendre la LSF. La langue des signes française est une langue visuelle complète, indépendante du français oral. Ce qui compte, c'est votre capacité à observer, à reproduire des gestes, à percevoir l'espace et le mouvement — pas votre niveau de français.
Si vous vous demandez par où commencer, SignOnSpot accueille des apprenants de tous horizons linguistiques. L'essentiel est votre motivation et votre régularité.
